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Sommeil

Il finissait toutes ses nuits dans notre lit

J’ai tout changé dans le rituel du coucher. Ça n’a rien donné. Je cherchais au mauvais endroit.

Couloir éclairé la nuit vu depuis une chambre d’enfant
Sidonie

Par Sidonie · Maman de deux enfants

Publié le 11 août 2026 · 9 min

Pendant presque un an, mon grand a fini toutes ses nuits dans notre lit.

Ça commençait vers deux heures. Un bruit de pieds nus dans le couloir, la porte qui s’ouvre, et il se glissait entre nous sans un mot. Il ne pleurait pas, il ne réclamait rien, il ne parlait même pas. Il venait, c’est tout.

Au début, on trouvait ça touchant. Au bout de six mois, mon mari dormait sur le canapé trois nuits par semaine et je me réveillais avec un coude dans le dos et un pied dans les reins.

Si j’écris ça aujourd’hui, c’est parce que j’aurais aimé lire ce texte à l’époque. J’ai perdu presque un an à m’occuper du mauvais problème, et je crois que beaucoup d’entre vous êtes en train de faire la même chose.

La liste de tout ce que j’ai essayé

Je vous la fais complète, parce que je suis sûre que vous allez vous reconnaître dans au moins la moitié.

  • J’ai repris le rituel du coucher de zéro. Bain, histoire, câlin, chanson, dans le même ordre, à la même heure.
  • J’ai acheté une veilleuse qui projette des étoiles. Puis une deuxième, qui change de couleur quand il est l’heure de se lever.
  • J’ai mis en place un tableau de gommettes. Il les gagnait la journée, tout fier, et il était là à deux heures.
  • Je l’ai raccompagné en silence, sans allumer, sans parler, comme le conseillent tous les articles. Vingt fois par nuit, certaines semaines.
  • J’ai essayé de le laisser pleurer un peu. Je n’ai jamais tenu plus de trois minutes.
  • On a laissé un matelas d’appoint par terre dans notre chambre. Il a fini par y dormir en permanence, ce qui réglait notre sommeil mais pas le sien.
  • J’ai coupé les écrans, avancé le dîner, aéré la chambre, changé les draps pour du coton, testé la porte ouverte puis fermée.

J’ai tout refait deux fois, en me disant que je m’y prenais mal.

Et pendant tout ce temps, l’entourage était formel. « C’est une phase, ça passe. » « Il te teste. » « Tu es trop souple, il a compris qu’il pouvait venir. » Notre médecin lui-même m’a dit que les réveils à cet âge, c’était fréquent, et qu’il fallait tenir bon.

Un enfant qui dort profondément ne se lève pas

C’est une collègue qui m’a mise sur la piste, un midi, en me voyant la tête dans les mains devant mon café. Elle m’a posé une question toute bête : « Il dort la bouche ouverte, le tien ? »

J’ai répondu oui, machinalement. Toujours. Depuis toujours. Et je n’avais jamais fait le lien avec quoi que ce soit.

Le soir même, j’ai cherché, et j’ai fini par comprendre une chose que je trouve encore aujourd’hui incroyablement simple. On est fait pour respirer par le nez, la nuit comme le jour. Quand un enfant dort la bouche ouverte, il respire moins bien, et son sommeil reste léger. Il ne descend pas dans le sommeil profond, celui qui répare vraiment.

Il flotte à la surface. Et un enfant qui flotte à la surface se réveille pour un rien : un bruit dans la rue, une couverture qui glisse, un doudou tombé. À six ans, un enfant qui se réveille pour de bon ne se rendort pas seul dans le noir. Il va chercher l’endroit qui le rassure. Le nôtre.

Il ne se réveillait pas parce qu’il était capricieux, mal câliné ou trop couvé. Il se réveillait parce qu’il ne dormait jamais vraiment profondément.

Le soir où je me suis assise par terre

Restait à comprendre pourquoi il dormait la bouche ouverte.

Un soir, au lieu de le remettre dans son lit en pilote automatique, je me suis assise par terre à côté et je l’ai regardé dormir. Vraiment regardé, pas trois secondes depuis la porte.

Sa tête était enfoncée dans un vieil oreiller d’adulte qu’on lui avait passé quand il avait quitté son lit à barreaux. Beaucoup trop haut, beaucoup trop mou. Son menton touchait presque sa poitrine, et sa nuque était pliée en avant. Dans cette position, la gorge se referme, l’air passe mal par le nez, alors la bouche s’ouvre.

Il dormait plié en deux sur un objet qui n’était pas fait pour lui. Et depuis un an, je m’occupais du rituel, de la veilleuse, des gommettes, de la lumière du couloir. De tout, sauf du seul endroit où sa tête passait dix heures par nuit.

Le test qui ne coûte rien, à faire ce soir

Avant d’acheter quoi que ce soit, faites ça. C’est gratuit, ça prend dix secondes, et ça peut très bien vous répondre que ce n’est pas votre sujet.

  • Une fois qu’il dort, entrez sans allumer et accroupissez-vous à hauteur du lit.
  • Regardez son menton. S’il touche presque sa poitrine, l’oreiller est trop haut.
  • Regardez sa tête. Si elle part en arrière et que la gorge est tendue, il est trop plat, ou il s’est tassé.
  • Regardez sa bouche. Ouverte en permanence, ou seulement par moments ?
  • Regardez enfin où il est. S’il dort la tête à côté de son oreiller, il vous a déjà répondu.

Ce qu’on a changé, et ce que ça a donné

On a arrêté le vieil oreiller d’adulte et on en a pris un vrai, pensé pour la nuque des enfants, avec une hauteur qui correspond à l’âge. C’est ce qui m’a le plus surprise en cherchant, d’ailleurs : la quasi-totalité des modèles vendus pour les enfants sont proposés en taille unique de un à quatorze ans, alors que la nuque d’un enfant de trois ans et celle d’un préado n’ont rien à voir.

Je vais être honnête sur ce qui s’est passé, parce que je déteste les récits où tout se règle en une nuit.

La première nuit, il s’est encore levé deux fois. Les premiers jours, il cherchait ses repères sur quelque chose de plus ferme que ce qu’il avait avant. Ce n’était pas spectaculaire, et j’ai même douté.

Et puis au bout d’une bonne dizaine de nuits, il y a eu un matin où je me suis réveillée en sursaut en regardant le réveil. Six heures cinquante. Personne n’était venu. J’ai couru dans sa chambre, persuadée qu’il s’était passé quelque chose. Il dormait, la bouche fermée, la nuque droite.

Les réveils se sont espacés, puis ont quasiment disparu. Mon mari est revenu dormir dans notre chambre. Ça, c’est le vrai changement.

Les trois hauteurs d’oreiller pour enfant alignées, de la plus plate à la plus épaisse
Trois hauteurs pour trois morphologies. C’est tout ce qui change.

Ce que je ne vous promets pas

Il y a des enfants pour qui ça ne changera rien, et je préfère le dire ici plutôt que de vous laisser le découvrir dans trois semaines.

Si votre enfant se réveille parce qu’il a peur, parce qu’il traverse une période difficile ou parce qu’il a simplement pris l’habitude de venir, aucun oreiller n’y fera quoi que ce soit. La cause n’est pas sous sa tête.

Et si la respiration par la bouche vient de végétations, d’amygdales un peu grosses ou d’une allergie, c’est un rendez-vous médical qu’il faut prendre. J’ai écrit un article entier là-dessus, parce que je trouve qu’on ne le dit pas assez.

Chez nous, c’était la position. Chez vous, peut-être pas. Le test de tout à l’heure vous le dira gratuitement, et c’est pour ça que je le mets avant le reste.

Sidonie

Je partage ici les questions que l'on se pose vraiment à la maison, les solutions que je regarde de près et les détails qui peuvent changer le quotidien d'une famille.

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