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École

Onze heures de sommeil, et épuisé quand même

Je comptais les heures, elles y étaient toutes. C’est le décalage entre ce compte et son état au réveil qui a fini par m’alerter.

Table du petit-déjeuner et cartable prêt, tôt le matin
Sidonie

Par Sidonie · Maman de deux enfants

Publié le 11 août 2026 · 8 min

Onze heures de sommeil. Et un enfant debout à sept heures qui a l’air d’avoir passé la nuit à courir.

C’est ce décalage qui m’a alertée. Sur le papier, il dormait largement assez. Je comptais les heures, elles y étaient toutes, et je le disais à qui voulait l’entendre quand on s’étonnait de son humeur du matin.

Mais il fallait l’appeler trois fois. Il émergeait vaseux, avec des cernes que je trouvais anormales pour un enfant de six ans. Et la première heure de la journée se passait en négociations pour tout : s’habiller, manger, mettre ses chaussures, sortir.

J’avais mis ça sur le compte du caractère. On m’avait dit qu’il était « du matin difficile », et j’avais fini par l’intégrer comme un trait de personnalité, au même titre que le fait qu’il n’aime pas les tomates.

Ce que j’ai compris depuis, c’est qu’un enfant peut dormir assez et dormir mal. Ce sont deux choses complètement différentes, et je ne l’avais jamais formulé comme ça.

Où se voit la qualité du sommeil

Pas dans le nombre d’heures, donc. Voici ce que je regarde maintenant, et que je ne regardais pas avant.

  • Le réveil. Est-ce qu’il émerge en quelques minutes, ou est-ce qu’il faut trois passages et une négociation ?
  • Les cernes. Elles sont beaucoup plus parlantes qu’on ne croit, et elles ne mentent pas sur plusieurs jours.
  • La première heure. Un enfant reposé encaisse une contrariété. Un enfant qui n’a pas récupéré s’écroule pour une chaussette.
  • Le milieu d’après-midi. Le coup de barre de 16 h, chez un enfant qui a dormi onze heures, mérite qu’on s’y arrête.
  • Le week-end. S’il dort deux heures de plus le samedi, c’est qu’il récupère. Donc qu’il avait du retard.

Sur ces cinq points, on cochait à peu près tout. Et pourtant, sur mon carnet, les heures y étaient.

Pourquoi un enfant peut dormir longtemps et mal

Le sommeil n’est pas un bloc uniforme. Il y a des phases, et la plus utile est le sommeil profond : c’est pendant celui-là que le corps récupère vraiment.

Pour y descendre, il faut que la nuit ne soit pas fragmentée. Or elle peut l’être sans que personne ne s’en rende compte, y compris l’enfant. On parle de micro-réveils : il ne se lève pas, il ne pleure pas, il ne se souvient de rien le lendemain. Mais il remonte à la surface, encore et encore.

Et la première cause de nuit fragmentée chez un enfant, c’est une respiration qui passe mal. Quand l’air ne circule pas bien par le nez, la bouche s’ouvre, le sommeil reste léger, et la nuit ne répare pas ce qu’elle devrait réparer.

C’est exactement ce qui explique le décalage qui m’avait alertée. Il dormait onze heures. Il n’en tirait pas onze heures.

Les choses à vérifier, dans l’ordre où je les regarderais

Elles ne coûtent rien et se font ce soir. Je les mets dans l’ordre, parce que l’ordre compte.

  • Est-ce qu’il ronfle ? Régulièrement, fort, plusieurs nuits par semaine. Si oui, cette liste s’arrête ici : prenez rendez-vous chez le médecin.
  • Est-ce qu’il marque des pauses en respirant ? Même chose. C’est un motif de consultation, pas de bricolage.
  • Est-ce qu’il dort la bouche ouverte ? Sans être enrhumé, plusieurs nuits de suite.
  • Où est son menton pendant qu’il dort ? S’il touche presque sa poitrine, son oreiller est trop haut et referme sa gorge.
  • Où est-il au réveil ? La tête à côté de l’oreiller ou en travers du lit, c’est qu’il n’était pas bien installé.

Chez nous, c’était les trois dernières

Pas de ronflement fort, pas de pause. Mais la bouche ouverte toutes les nuits, un menton qui descendait vers la poitrine, et un enfant qu’on retrouvait systématiquement en travers du lit.

Il dormait sur un vieil oreiller d’adulte, beaucoup trop haut pour lui, qu’on lui avait passé sans y penser quand il avait quitté son lit à barreaux. Sa nuque était pliée en avant toute la nuit, et dans cette position la gorge se referme.

On a changé pour un oreiller à sa hauteur. Et je vais être honnête sur ce que ça a donné, parce que ce n’était pas immédiat : les premières nuits, rien. Il cherchait ses repères sur quelque chose de plus ferme.

C’est au bout de deux à trois semaines que le matin a changé. Pas le nombre d’heures, il n’a pas bougé d’une minute. Le réveil. Il fallait l’appeler une fois au lieu de trois, et la première heure de la journée est redevenue vivable pour tout le monde.

Ce que je me refuse à écrire

Je vois passer beaucoup de contenus qui relient le sommeil d’un enfant à ses résultats scolaires, à sa concentration, voire à des troubles de l’attention. Je ne le ferai pas, et je préfère expliquer pourquoi.

D’abord parce que je n’en sais rien. Je suis une mère qui écrit sur ce qu’elle observe chez elle, pas une professionnelle de santé, et ces sujets-là se posent avec quelqu’un dont c’est le métier.

Ensuite parce que ce raccourci fait du mal. Un parent dont l’enfant est en difficulté à l’école n’a pas besoin qu’on lui suggère qu’un objet à soixante euros aurait pu changer la donne. Si votre enfant est en difficulté, faites le bilan, il existe des professionnels pour ça, et c’est vers eux qu’il faut aller.

Ce que je dis, et c’est beaucoup plus modeste : un enfant qui récupère mal est un enfant fatigué, et un enfant fatigué a des matins plus durs et une humeur plus fragile. Ça, je l’ai vu chez moi. Le reste ne m’appartient pas.

Sidonie

Je partage ici les questions que l'on se pose vraiment à la maison, les solutions que je regarde de près et les détails qui peuvent changer le quotidien d'une famille.

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